
Retour à Xining. Fin de l’aventure sauvage… mais notre voyage n’est pas fini, il nous reste encore deux jours dont on compte profiter pleinement.
Ce matin, après avoir réussi à éviter une énième soupe de mouton, le cousin d’Océane nous emmène visiter la maison de Ma Bufang, un des chefs militaires de cette province au 20ème siècle. Il devient tellement rare de voir du patrimoine historique bien conservé en Chine… un peu d’histoire et de culture… ça fait du bien !
On compte ensuite se rendre à la Mosquée, pour voir la prière du vendredi, qui est apparemment des plus impressionnantes. Le chauffeur nous dit que cela commence à 12h.
Les hommes affluent de partout. L’entrée de la Mosquée est une véritable fourmilière.
Mais après quelques minutes, on comprend que la prière aura lieu plus tard. Des gens parlent de 12h30, donc on décide d’aller manger. On reprend un taxi, et le chauffeur nous donne encore un horaire différent. Comme on habite en Chine, on a l’habitude… impossible d’avoir une info claire sur quelque chose qui se produit de façon régulière… en tout cas cela nous fait toujours rire !
Sophie et le cousin prennent des soupes de nouilles très épicées, de la région. Les serveuses n’ont pas compris Océane, elles nous amènent aussi ce plat… que je ne peux absolument pas manger. Une gorgée me brule l’œsophage ! On arrivera finalement à avoir nos soupes de raviolis, grâce aux explications d’Océane : « mais si, des raviolis, c’est petit, blanc et fourré à la viande… »… c’est toujours une surprise pour nous de constater que les habitants d’un même pays ne se comprennent pas !

On retourne à pied vers la mosquée, et là, c’est l’hallu totale !
Les fidèles ont envahis les rues. Comme il n’y a plus de place dans la mosquée, ils sont installés partout sur le pavé. Chacun assis sur son tapis, attendant le début de la prière. C’est une scène complètement insensée. On doit enjamber une barrière pour quitter le trottoir, qui est désormais devenu une extension de la mosquée, et où la présence de femmes serait malvenue. On s’avance, et là, le spectacle est encore plus hallucinant devant l’entrée de la mosquée… ils sont des milliers, assis par terre, devant l’édifice, jusqu’à la route, tandis que le trottoir d’en face est lui aussi noir de fidèles.

Je n’ai jamais vu quelque chose comme ça. J’en reste sans voix. On est comme hypnotisés par la scène. Les retardataires arrivent en courant, tapis sous le bras, pour s’installer les uns à la suite des autres, tandis que d’autres hommes sont là pour les « placer », à l’aider de microphones. L’un d’entre eux vient me demander d’où je suis. J’en profite pour lui poser des questions, puisqu’il parle anglais. Il m’explique qu’il y a 69 mosquées à Xining et 300 000 musulmans sur 2 millions d’habitants. Cette mosquée-ci est la plus grande, et réunie… 60 000 fidèles lors de la prière du vendredi midi.


Quelques minutes plus tard, l’Imam commence la prière. Un silence règne tout à coup dans le quartier, tandis que les fidèles, s’accroupissent, se relèvent, se recueillent, ou se prosternent à terre. C’est dingue, je n’en reviens pas de voir ça. La prière durera une heure, mais tellement subjuguée par la scène j’aurais juré être restée 10 minutes.

A la fin de la prière, le départ des fidèles est presqu’encore plus impressionnant que le reste. Une vraie fourmilière. Le lieu ne désemplit pas. Pendant près d’une demi-heure, la mosquée et son parvis dégueule littéralement de monde. Les fidèles n’arrêtent pas de sortir de toutes parts : de la mosquée, du parvis ou certains prient encore, et des 3 rues qui l’entourent.

J’essaye de prendre le plus de « scènes » en photo, quand soudain un grand bruit me fait lever la tête. Un bus vient d’en percuter un autre, juste devant nous. Une vitre est brisée, et les passagers descendent à la hâte, tandis que le premier chauffeur… ne réagit pas. Il regarde son bus, et l’un des passagers dont le visage saigne, mais sans quitter son siège. Le deuxième chauffeur, responsable de l’accident, se décide au bout de quelques minutes à passer un coup de fil, tout en rigolant… La circulation est désormais complètement bloquée, tandis que les klaxons nous assourdissent.
Quand les fidèles ont vraiment disparus, on se dirige vers l’intérieur de la mosquée. Le choc des cultures est saisissant. Entre architecture chinoise et arabe… on ne sait plus dans quel pays on est. ..
